Violence policière

Violence policière
Violence policiére ca n'arrive pas qu'aux autres


Le lundi 24 juillet 2006 à 18h40, je circulais à bord de mon véhicule avenue de Clichy à Paris (17e). A la suite du passage en sens inverse d'un véhicule de pompiers, un léger engorgement de circulation s'est fait à un carrefour. J'ai attendu et suis passé au feu vert. Aussitôt après le carrefour, deux agents de la circulation m'ont fait signe de m'arrêter, ce que j'ai fait, pensant immédiatement que ce contrôle était dû au pare-chocs de ma voiture en mauvais état. Comme je venais de récupérer ma voiture au garage à Colombes et qu'elle venait juste de subir le contrôle technique légal, le policier n'a pu que constater que tous mes papiers étaient en règle. Il m'a néanmoins demandé de sortir du véhicule et m'a aussitôt annoncé son intention me mettre un PV pour"obstruction à la circulation".

Stupeur de ma part, étant donné que mon arrêt au milieu du carrefour, le temps que le flot de la circulation devant moi se décante, n'a aucunement gêné "le passage des autres véhicules venant des voies transversales", contrairement à ce qui est écrit sur le PV. J'ai dit au policier « Vous n'avez pas le droit de me mettre une amende, je n'ai aucunement gêné la circulation. Vous m'avez arrêté car l'avant de ma bagnole est amoché et comme je suis en règle, vous me mettez un PV qui n'a pas lieu d'être, uniquement pour me faire chier... C'est honteux » Réponse du policier : « Calmez-vous, monsieur ! » J'ai répondu : « Je me calmerai quand vous m'aurez rendu mes papiers. Je n'ai pas plus de raison de garder mon calme que vous n'en avez de me coller ce PV imaginaire. Vous outrepassez vos droits. Mes papiers sont en règle, je paie mes impôts, rendez-moi mes papiers et laissez-moi partir. »

Réponse du policier : « Ne me parlez pas comme ça, monsieur, gardez votre calme. » Je lui ai répété que j'étais dans l'incapacité de garder mon calme face à une situation inique, alors que je rentrais tranquillement chez moi, venant de récupérer ma voiture pour partir en vacances le lendemain matin, que mon énervement était parfaitement justifié, et que le fait de porter un uniforme ne lui donnait ni le droit de me mépriser ni celui de mettre des PV bidons. Le policier : « Faites attention à ce que vous dites, monsieur, vous êtes en train de me traiter de menteur » J'ai répondu que oui, et j'ai ajouté que je le traiterais bien d'autre chose mais que je m'abstiendrais car je ne tenais pas à écoper d'un PV pour outrage. Il a souri. De toute évidence, il n'attendait que cela... J'ai encore insisté pour qu'il admette qu'il avait tort et me rende mes papiers et comme il refusait, j'ai lâché entre mes dents « Espèce de petit connard ! Dire que vous pourriez être mon fils... » [J'ai 47 ans, il n'en avait pas 30.] J'étais à bout, je n'ai pas pu m'empêcher de lâcher ce mot... Il m'a demandé de répéter et je me suis défaussé avec une réflexion sur son intelligence inversement proportionnelle à sa virilité. Voyant que j'avais mis le doigt dans l'engrenage, j'ai aussitôt passé un coup de fil à ma compagne depuis mon portable pour lui dire que je serais sûrement en retard car j'avais des petits soucis avec un policier pour des raisons aberrantes. J'étais tellement à bout qu'elle n'a pas reconnu ma voix. Le policier m'a brutalement arraché mon portable des mains et a appelé à la rescousse deux motards de la Police de la route qui passaient de l'autre côté de la rue, puis il a demandé à son collègue d'appeler des renforts. J'étais estomaqué de voir un tel déferlement de violence. Je me suis mis à hurler, provoquant très rapidement un attroupement d'une cinquantaine de personnes sur le trottoir.

Autant que je me souvienne, j'ai hurlé ceci : « C'est une honte, mesdames et messieurs ! Je n'ai rien fait, je n'ai même pas grillé un feu rouge On vit dans un pays où la police a tous les droits ! La France n'est pas un Etat de droit ! Faitesquelque chose... » L'un des motards m'a alors poussé par terre en me disant « Ta gueule ! » et m'a passé les menottes dans le dos, en serrant très fort. J'ai alors demandé à une dame qui avait une bouteille d'eau si elle pouvait me donner un peu d'eau car je n'avais plus de voix, la dame m'a tendu sabouteille, les gens étaient muets de stupeur, mais le motard m' a crié « Tu boiras au commissariat ! » Je lui ai crié qu'il n'avait pas le droit de metutoyer. Un autre policier m'a alors passé un cordon de sécurité en plastique autour des chevilles, qu'il a serré très fort, et je me suis fait embarquer dans un fourgon en résistant aux policiers qui me poussaient de force. Je sui salors tombé par terre et me suis ouvert le genou gauche et le coude droit. J'ai demandé aux policiers présents dans le fourgon s'ils savaient pourquoi on m'arrêtait mais aucune réponse. Juste des regards lourds de haine, des quolibets. Le policier qui se tenait à ma gauche dans le fourgon et maintenait une forte pression sur mon épaule gauche m'a dit « Tu raconteras ça au commissariat ! » Je lui ai dit qu'il n'avait pas le droit de me tutoyer et lui ai demandé de lâcher mon épaule, que je n'allais pas me sauver, vu que j'avais les chevilles et les poignets menottés, mais il a refusé et a dit « Je ne vous parle pas, je parle à mon collègue. » C'est alors qu'est intervenu le motard, qui a aidé ses collègues à me pousser complètement dans le fourgon. J'ai alors croisé le regard de la conductrice qui n'avait encore rien dit et je lui ai dit « Et vous, vous ne dites rien ? Vous n'avez pas le droit de traiter les citoyens comme ça C'est Sarkozy qui vous donne des ailes » Le motard m'a alors enfoncé sa matraque [tonfa ?] dans les côtes et m'a murmuré à l'oreille, suffisamment fort pour que je comprenne, mais suffisamment bas pour n'être compris que de moi : « T'as vraiment de la chance qu'il soit pas encore président » Puis il a refermé la porte du fourgon. C'est le moment où j'ai eu le plus peur. J'ai vraiment pensé à ce moment-là qu'on allait me passer à tabac dans le fourgon, j'avais aussi très peur qu'on me casse mes lunettes, mais rien de tel n'est arrivé.

Je tiens à préciser, avant de poursuivre, que lors de l'intervention, les policiers m'ont dépossédé sans aucun ménagement de mon portefeuille, des clés de ma voiture, de mon sac à dos, de la facture du garagiste et du récépissé du contrôle technique, prenant de toute évidence un malin plaisir, soit par leurs réflexions, leurs mimiques menaçantes ou leur refus obstiné de répondre à mes angoisses et questions de citoyen victime d'une injustice flagrante à me signifier leur supériorité numérique (notamment lorsque j'ai crié : « Et je suppose que vous allez mettre ma voiture à la fourrière ») Aucun d'eux n'a accepté d'écouter mes récriminations comme je me proposais de leur dire la raison arbitraire pour laquelle on m'avait arrêté. J'ajoute qu'au total près d'une quinzaine de policiers se sont portés sur les lieux en à peine 7 à 8 minutes.

J'ai ensuite été transporté en fourgon au commissariat de la rue Truffaut et contraint de rallier le Poste en sautillant à pieds-joints car ils ont refusé de m'ôter les menottes de cheville, ce qui n'a été fait qu'une fois dans la « salle d'attente », où l'on m'a démenotté pour m'attacher à une barre de fer placée sous le banc avec une menotte au poignet gauche. J'ai alors revu l'agent par qui tout avait commencé [matricule 674 305 - service 047], qui affichait un sourire rayonnant de satisfaction et m'a dit « Vous êtes content, là » Je lui ai répondu : « Non, c'est vous qui êtes content, visiblement. Vous avez eu ce que vous voulez Vous avez votre outrage, bravo » J'ai serré les dents pour lui faire comprendre tout le mépris que m'infligeait son comportement. J'avais envie de pleurer mais je me suis retenu pour ne pas le faire jubiler davantage.

Un policier a alors pris un cutter pour couper le lien en plastique que j'avais aux chevilles, après m'avoir recommandé de « ne pas lui donner de coup de pied ». J'ai dit que je n'étais pas une brute. J'avais très soif. J'ai demandé à avoir un verre d'eau et le policier "674 305" m'a dit que je boirais un verre d'eau après avoir vu l'Officier de Police Judiciaire qui prendrait ma déposition. J'ai laissé tomber tout bas « c'est vraiment dégueulasse » et le policier "674 305" s'est alors précépité sur moi [j'avais les mains démenottées] et m'a menotté le poignet gauche à la barre de fer, en prenant bien soin de serrer les menottes le plus fort possible de façon à ce que j'aie le plus mal possible. Il a juste prononcé les mots « et voilà, arrestation ».

Je suis resté seul dans la pièce pendant une vingtaine de minutes, en penchant la tête vers l'entrée pour demander à appeler ma compagne afin de la rassurer et à boire de l'eau, mais il m'a été répété que je téléphonerais et boirais dans le bureau de l'OPJ. Ensuite [mais là, je ne suis pas sûr de la chronologie], on m'a détaché le poignet gauche puis remenotté les mains dans le dos. Un peu plus tard, comme j'insistais pour boire, le chef de Poste,un peu plus humain que les autres policiers présents, a consenti à m'apporter un verre d'eau et m'a aidé à tenir le gobelet pour boire (étant donné que j'avaistoujours les mains menottées dans le dos).

J'ai ensuite été conduit devant l'OPJ à l'étage, qui a recueilli oralement mon témoignage et m'a demandé si je reconnaissais l'outrage, en me précisant que l'agent "674 305" avait été traité par moi de "connard". J'ai dit que c'était possible, que tout était allé très vite et que j'avais complètement paniqué. L'OPJ m'a précisé que si je reconnais le délit d'outrage je pouvais espérer sortir du commissariat dans les deux heures. Dans le cas contraire, je devrais passer la nuit en garde-à-vue. J'ai donc reconnu l'outrage, en précisant que je trouvais parfaitement inique le fait qu'il n'y avait aucune discussion possible et INTELLIGENTE avec les membres des forces de l'ordre en tenue, avec qui on ne peut jamais avoir raison. J'ai pu constater que l'OPJ était un individu "civilisé" et courtois, contrairement à certains de ses collègues en tenue, dont la brutalité était parfois proche de la bestialité.

On m'a alors fait attendre (menotté à un banc) dans le couloir pendant un quart d'heure, puis un second OPJ, également "civilisé" et courtois a recueili ma déposition. J'ai fait état de mon métier d'éditeur et écrivain de romans policiers, en précisant que j'avais notamment écrit un roman dont le sujet était une bavure policière. Cette remarque a fait sourire mon interlocuteur, mais c'était le sourire d'un homme intelligent et compréhensif, je tiens à le préciser (et pas un sourire de moquerie). Le seul sujet de discorde avec cet OPJ étant le fait « qu'il faut comprendre les collègues en tenue, qui se font traiter de tous les noms toute la journée, alors forcément, il y a des momentsoù ils craquent ». J'ai simplement répondu que l'agent "674 305" avait outrepassé ses droits en me mettant un PV pour une infraction imaginaire et que le délit d'outrage et de rébellion pour lequel j'avais été transporté au commissariat était de sa seule responsabilité, et le résultat de son inconséquence et de son incompétence. J'ai fait part à l'OPJ de mon intention de ne pas me contenter d'attendre ma convocation au tribunal et de déposer une plainte contre l'agent "674 305".

J'ai ensuite été redescendu (menotté dans le dos) dans la salle d'attente par un policier en tenue très courtois, qui m'a dit à mots couverts qu'il semblait trouver totalement disproportionnée la raison de mon arrestation. J'ai attendu une demi-heure, le temps que l'OPJ prenne connaissance de la déposition de l'agent et de son collègue, avant qu'on me rende ma liberté. Je suis resté environ 2 h 45 au poste de Police. J'ai retrouvé mon véhicule stationné avenue de Clichy et j'ai pu parler dans un café avec des gens qui avaient été témoins de mon arrestation arbitraire et qui n'en sont pas revenus quand je leur ai dit les raisons pour laquelle on m'avait arrêté.

Quinze heures après ces événements, j'ai mal un peu partout, j'ai vu un médecinqui a pu constater que j'avais été victime de violences mais ce n'est pas cela le plus grave : le plus grave, c'est que j'ai surtout très honte d'être français.

Paris, le 25 juillet 2006

j ecrivain

# Posté le dimanche 30 juillet 2006 04:46

Encore et toujours minatec

Encore et toujours minatec
Je sais que je dois commencer à vous souler avec ce qui s'est passé et se passe encore à Grenoble au sujet de Miantec mais là la lettre de Lucas résume vraiment bien la situation. Il souhaite que le maximum de personnes soit au courant des dérives auquelles nous nous exposons en laissant faire ce gouvernement. Je vous laisse à la lecture de cette lettre.


Tu es l'ami-e d'un dangereux terroriste


Salut à toutes et tous,

Comme je vous l'avais annoncé, avait lieu à Grenoble jeudi dernier une manifestation contre l'inauguration de Minatec, et contre le monde nécro-technologique que nous préparent les nanotechnologies.

Comme on pouvait s'y attendre, le dispositif policier était impressionnant. Comme on pouvait l'imaginer depuis les manifestations anti-CPE de Grenoble, la police a eu le lacrymo et le Flash-Ball faciles : une jeune manifestante a été défigurée par un tir dans la joue et opérée le soir-même, alors qu'elle était assise sur un banc au milieu d'un rassemblement pacifique.

Comme vous le savez, je suis membre du collectif « Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies » qui appelait à cette manifestation et tentait de l'organiser (débats les jours précédents et hébergement collectif des extérieurs à Grenoble) dans la mesure de ses faibles moyens. Mon colocataire Samuel aussi, mais lui c'est encore pire puisqu'il a parlé dans le mégaphone pendant la manifestation.

Pendant la manif, avant la dispersion, la vitrine d'une banque a été entièrement détruite par quelques personnes, que nous ne connaissons pas. Donc, pour la Police, je suis coupable d'avoir « participé à un attroupement armé » et Samuel est coupable « d'incitation à la destruction de biens en réunion ».

Donc, nous avons été tous les deux interpellés le lendemain matin vers 9h30, alors que nous nous rendions en vélo vers le centre-ville pour y diffuser des tracts, ou peut-être juste nous reposer car nous nous étions levés à 5h00 du matin afin de veiller sur les gens dormant dans le lieu d'hébergement.

Je ne vous raconterai pas en détail les 10 heures de garde-à-vue qui ont suivi, juste quelques moments forts :
fouille au corps (nudité totale),
découverte des cellules de béton de garde-à-vue,
transport menottes au poignet à notre domicile pour perquisition, pour y chercher des armes (ce n'est pas une blague),
pression psychologique intense lors de notre refus de nous soumettre à un prélèvement ADN, notamment pour nous faire croire que cette décision entraînerait la prolongation de la garde-à-vue et une nuit passée en prison préventive,
audition, où nous découvrons qu'un policier infiltré parmi les manifestants ces derniers jours nous auraient vu « applaudir » lors de la casse de la banque, et Samuel dire « on va péter un laboratoire » (tissu de mensonges incohérent).

Nous sommes finalement convoqués au tribunal de Grenoble le lundi 19 juin à 14h00, où nous serons jugés pour « avoir participé volontairement à un attroupement après sommations et dispersion ».

Quant au refus de prélèvement ADN, il constitue un autre délit (le saviez-vous ?? et oui, bienvenue à Gattaca, le Meilleur des Mondes des lois Perben 2) mais ça c'est le dessert, ce sera pour plus tard.

Nous sommes donc jugés pour être restés dans la rue alors que les CRS pourchassaient les manifestant-e-s à coups de matraque, de lacrymogènes et de Flash-balls tirés à hauteur de visage. Nous sommes jugés parce que notre colère face à cette répression a été plus forte que notre peur des cogneurs de la Brigade Anti Criminalité en chasse et en tenue de combat.

Je m'arrête là, vous comprenez que je suis toujours, plus que jamais, en colère.

Il me reste une chose, une seule, à vous demander : si vous pensez que notre arrestation est injuste et indigne d'un pays qui se dit « des Droits de l'Homme », si vous ne voulez pas que nous soyons condamnés de 2 à 4 mois de prison avec sursis pour rien (c'est vraisemblablement ce que nous allons prendre) : diffusez cette histoire autour de vous, parlez-en, dites à tout le monde qu'aujourd'hui en France, c'est le simple droit de manifester qui est menacé.

Il ne s'agit plus aujourd'hui de se demander si nous sommes encore en démocratie. Face à la dictature qui s'installe en France, loi après loi, se nourrissant de la misère et de la résignation du plus grand nombre, du silence des nantis et de la cacophonie des médias, il s'agit de choisir son camp.

Ce récit est encore trop parcellaire et incomplet, il y aurait tant à dire sur ces quelques jours...

A bientôt, grosses bises.

Lucas


Lettre de Lucas, membre de l'Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies, interpellé vendredi 2 juin suite à la mobilisation contre Minatec.

# Posté le samedi 10 juin 2006 16:25

Modifié le dimanche 11 juin 2006 07:11

Communiqué de l'Opposition Grenobloise au Nécrotechnologies (OGN)

Communiqué de l'Opposition Grenobloise au Nécrotechnologies (OGN)
Minatec : inauguration policiere - Grenoble

Ils avaient dit qu'ils inaugureraient le 1er juin, ils ont reculé au 2.
Ils avaient dit que Chirac viendrait, Villepin s'est dérobé.
Ils avaient annoncé une grande fête populaire dans un Minatec ouvert, ils
ont inauguré un camp retranché sous protection de 400 CRS, gendarmes, et
cogneurs de la Brigade Anti-Criminalité (BAC).
Ils ont reculé devant la contestation.

Après trois jours d'actions et de discussion, la manifestation du jeudi
1er juin a rassemblé un millier de personnes contre Minatec et son monde.
Les fonctionnaires municipaux et des collectivités locales avaient reçu la
consigne de leurs supérieurs de ne participer ni à la manifestation, ni
aux réunions publiques. La police a chargé à répétition la fin de la
manifestation, notamment place Saint-Bruno, où un attroupement
débonnaire a été molesté. Une jeune femme a été blessée par un éclat de
grenade. Bref, on inaugure bel et bien l'entrée dans la démocratie
technicienne.

Vendredi 2 juin, jour de l'inauguration retardée, les Grenoblois se
réveillent avec stupeur dans une ville en état de siège. A 7h, un
campement de 30 opposants sur le campus est évacué par 200 policiers (une
cinquantaine de véhicules). Bilan : quelques horions et ecchymoses. 8h30 :
la BAC cerne la Bifurk, permanence temporaire de l'Opposion Grenobloise
aux Nécrotechnologies, contrôle, fouille, filme les personnes à l'entrée
et à la sortie du lieu.
9h30 : des diffuseurs de tracts sont pourchassés dans toute la ville. Deux
personnes sont interpellées, leur domicile perquisitionné, elles sont
inculpées pour « avoir continué volontairement à participer à un
attroupement après sommation et dispersion » ; plus une possible
inculpation pour « refus de prélèvement ADN ».

Tous ces abus résultent d'une décision des autorités d'interdire tout
rassemblement de plus de cinq personnes. Toute la zone autour de Minatec
étant soumise à « restrictions de stationnement et de circulation
draconiennes » (Le Daubé 1/06/06). En clair une clôture de grilles
anti-émeute verrouillait tout le quartier et enfermait les riverains.

Malgré ce harcèlement, hier comme avant-hier, nous étions dans la rue pour
informer les Grenoblois et débattre avec eux.
Tandis qu'ils inauguraient leur camp retranché, nous étions partout dans
la ville.

Samedi 3 juin, nous sommes encore là.
Nous n'avons pas peur, nous sommes en colère.
Nous vous appelons au débat et à la réflexion sur les nécrotechnologies ;
et après le calamiteux Minatec, à refuser la destruction du Sillon Alpin.
Rendez-vous samedi 3 juin à 14h place Félix Poulat autour des infokiosques.

Fermez Minatec !

Grenoble, le 3 juin 2006
Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies

http://ogn.ouvaton.org
Contact : ogn(a)ouvaton.org
compte-rendus et témoignages sur http://grenoble.indymedia.org

# Posté le dimanche 04 juin 2006 06:18

Modifié le dimanche 04 juin 2006 06:36

Et la répression fait rage à Grenoble (encore...)

Et la répression fait rage à Grenoble (encore...)
Article lu sur Bellaciao:


MINATEC, inauguration : ambiance grenobloise !

Vendredi 2 juin à Grenoble, le CEA et l'INPG appuyés par l'Etat et toutes les collectivités publiques inaugurent Minatec, le premier pôle européen de recherche publique en nanotechnologies... dans la peur de la contestation. Déjà Chirac et de Villepin avaient renoncé à se déplacer, et la date de l'inauguration avait été repoussée. Aujourd'hui un quadrillage quasi-militaire de la ville protège les "festivités" de tout événement imprévu. Le matin même sur le campus, le campement d'opposant-e-s à Minatec a été expulsé. La Bifurk, autre point de convergence des opposant-e-s, a été entièrement encerclée par les forces de l'ordre. La place principale du centre-ville est occupée par la police, qui contrôle systématiquement tout petit groupe de personnes assimilables à des manifestant-e-s. Le domicile de deux personnes a été perquisitionné. Des véhicules de la BAC ont foncé sur une trentaine d'individus discutant dans un jardin public, pour disperser "l'attroupement" ; il y a eu quelques arrestations. Le quartier autour de Minatec, véritable zone rouge, est bouclé : les habitant-e-s doivent justifier de leur domicile pour passer. Jeudi 1er, une manifestation de plus de 1000 personnes avait été appelée par l'Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies et d'autres organisations, dont le réseau Sortir du nucléaire. Partie du centre-ville, elle a été stoppée avant la gare et violemment réprimée (une blessée, trois personnes en garde-à-vue). Les jours précédents, actions (1 | 2), débats et rencontres se sont succédés contre Minatec et son monde.
Même les élus municipaux le disent : "Grenoble est connu internationalement pour (...) ses développements en matière de chimie à haut risque, de dispositifs biométriques militaires et sécuritaires" (un vice-président de la Métro, conseiller municipal de Grenoble, Le Métroscope, février 2006). Même les ministres le disent : "Notre intérêt pour Minatec illustre, lui aussi, l'engagement croissant de la Défense dans la recherche et l'innovation" (Michelle Aliot-Marie en visite à Minatec, 24/03/06).

Le 2 juin à Grenoble, le CEA et l'INPG appuyés par l'Etat et toutes les collectivités publiques inaugurent Minatec, le premier pôle européen de recherche publique en nanotechnologies. Symbole parfait de la recherche asservie à l'industrie et à l'Armée, de la fuite en avant économique et technologique et des décisions publiques prises dans le secret, Minatec est contesté depuis des années par des grenoblois-es (voir le récit de l'occupation d'une grue en décembre 2004, ou le site de Pièces et Mains d'Oeuvre). Quelques raisons de s'opposer à Minatec, et ce que cette inauguration a d'historique


+ Témoignage d'une personne présente:

"[...] fallait voir ça c'était horrible depuis le matin que je me suis levée je n'ai vu que des CRS de partout en ville. Grenoble était quadrillée par la police. On est allé à la manifestation hier matin, nous étions trois. Cette fois ci c'était bien pire que pour le CPE, ils (les flics) ne nous ont même pas laissé dépasser Alsace-Lorraine il y avait deux cars de CRS qui nous barraient la route. Les manifestants ont brisé les vitres de la BNP à coups de batte. Nous, nous nous sommes rangé sur le côté à cause des lacrimo qui commençaient à pleuvoir, on est allé jusqu'à st Bruno ( on avait quitté le cortège ) on voit la voiture sono arrivé et les CRS Charger, Flash ball à la main ils ont tiré cette bande d'enfoirés. c'est là qu'on a vu la fille se prendre une balle de flash ball dans la tête ce qui nous prouve encore une fois qu'ils tirent bien à hauteur de tête."

Une preuve s'il en fallait une que la répression ne fait que commencer. Le projet de minatec nous a été imposé sans aucun débat publique. nous savons très bien que ce sont en majorité des entreprises privé qui l'ont financé sans oublié les 9 millions de la ville de Grenoble, ceux de l'état, et des villes environnantes. on nous dit que minatec est une réponse au problème économique, au problème du chômage...
Minatec est réservé aux ingénieurs et étudiants en sciences afin que l'état puisse breveté tout ce qu'il veut pour la défense...
Ce qui se passe est un honte, c'est vomir.

Isère pôle de compétitivité, Grenoble seul centre de recherche sur les nanotechnologie en Europe... ça fait bien pour la pub de la région mais est ce qu'on demande son avis au gens qui habitent ici... non... bien sur ils sont trop sot pour pouvoir comprendre que les nanotechnologie c'est l'avenir... Tout comme le nucléaire était le notre avant de devenir la fin de tout pour les habitants de Tchernobyl, ou encore Hiroshima, Nagasaki... Bref, on continue de nous prendre pour des cons afin de pouvoir assouvir une soif de sécuritaire absolu.
Orwell lui même n'aurait pas imaginé pire!

# Posté le vendredi 02 juin 2006 11:46

Le tout sécuritaire continue !

Voici un article lu sur http://abri.org:
Résistance à la délation
Mauvaises notes pour l'« internat réussite »

Ce devait être le fleuron du projet de loi de prévention de la délinquance, que Nicolas Sarkozy doit présenter prochainement en Conseil des ministres. Mais le succès annoncé du premier « internat pour la réussite », inauguré en grande pompe par le ministre de l'Intérieur au collège François-Truffaut d'Asnières (Hauts-de-Seine) en septembre 2005, n'est pas au rendez-vous. Les performances scolaires des internes, huit garçons de 12 ans en classe de cinquième sélectionnés parce qu'ils étaient « issus de familles défavorisées, mais méritants », ne sont guère concluantes.

« Leurs résultats sont catastrophiques. Ils ne travaillent pas, certains n'amènent même plus leurs affaires en cours. Ils ne méritent pas de passer en quatrième », estime sous couvert d'anonymat une de leurs professeurs, qui n'hésite pas à parler d'« internat de l'échec ». « Ils se tenaient quand même mieux en début d'année », poursuit-elle. Pourtant, avec deux auxiliaires de vie pour huit élèves, et 40 000 e de budget, les recrues avaient des chances de réussir. Mais l'exclusion de deux de leurs camarades pensionnaires début janvier pour « violences sexuelles » sur l'un des leurs a pu les perturber, au point de décrocher scolairement. « Leurs parents se sont même demandés où ils avaient mis leurs enfants », témoigne Agnès Verdurand, secrétaire départementale du Snes-FSU.

Au conseil général des Hauts-de-Seine, Isabelle Balkany, vice-présidente (UMP) en charge du dossier, offre une tout autre version. Cette proche de Nicolas Sarkozy affirme que « l'expérience est tout à fait concluante dans le concept » et que « certains des internes ont progressé ». Du coup, un deuxième « internat pour la réussite » doit ouvrir, toujours à Asnières. Trente-deux adolescents y sont attendus dès la prochaine rentrée scolaire. « C'est l'internat dont j'ai toujours rêvé quand j'étais petite », affirme l'élue. Quant à celui de François-Truffaut, il fermera ses portes en juin, comme prévu officiellement. Les six internes iront poursuivre l'expérience de prévention de la délinquance ailleurs.


20 Minutes | édition du 18.05.06
*Laure de Charette*

Moi quand je lis ça j'ai peur pour les prochaines conneries de notre ministre borné et trop ambitieux pour penser aux personnes qu'il enferme !

# Posté le dimanche 28 mai 2006 07:30

Modifié le samedi 07 juillet 2007 01:28